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Plastie mammaire de réduction
Chirurgie de l'hypertrophie mammaire ou seins trop volumineux
Cette notice ne prétend pas à l’exhaustivité, mais donne quelques idées directrices.
En dehors de l’aspect purement esthétique, des seins trop volumineux et lourds peuvent être responsables de douleurs dorsales et gêner la patiente dans ses activités quotidiennes, ou dans la pratique d'un sport. Les hypertrophies mammaires sont pratiquement toujours associées à un certain degré de ptose, ce qui occasionne des dorsalgies et des macérations du plis sous mammaire. L’intervention, plastie mammaire de réduction, consiste à réduire le volume mammaire et à corriger la ptose associée afin de redonner, à la poitrine, une forme et un volume harmonieux. Cette intervention peut être réalisée dès 16 – 17 ans dans les formes importantes avec gêne fonctionnelle (douleurs dorsales) et important retentissement psychologique.
Les consultations préopératoires :
La première consultation permet au chirurgien de prendre connaissance des attentes de la patiente ainsi que du retentissement physique, esthétique et psychologique du problème. Un interrogatoire sur les antécédents médicochirurgicaux est indispensable. Le chirurgien plasticien examine ensuite sa patiente afin d’apprécier l’importance de l’hypertrophie, de la ptose associée et d’une éventuelle asymétrie mammaire. Cet examen approfondi permet au chirurgien de proposer à la patiente une technique adaptée à son cas. Bien entendu, les modalités de l’intervention, le type d’anesthésie, l’emplacement exact des cicatrices, les suites postopératoires habituelles ainsi que les complications éventuelles seront exposées en détail à la patiente. Il lui sera alors remis une fiche d’information détaillée sur l’intervention prévue afin de compléter son information et lui permettre de mûrir sa réflexion « à tête reposée ».
La deuxième consultation permet une réponse personnalisée aux éventuelles interrogations de la patiente. Un nouvel examen clinique permet de valider la proposition thérapeutique envisagée initialement et de réaliser un bilan photographique complet.
Un devis détaillé est toujours établi en double exemplaire.
À noter, qu’une prise en charge par la sécurité sociale est possible pour les hypertrophies mammaires importantes (plus de 300 grammes enlevés par sein).
En vue de l'anesthésie générale, il est souvent nécessaire de pratiquer certains examens préopératoires biologiques voire cardiologiques et d'avoir une consultation d’anesthésie. Une mammographie récente est demandée.
Il est plus prudent de suspendre toute contraception orale pendant au moins un mois avant l'intervention afin de diminuer les risques thromboembolique. Aucun traitement contenant de l’aspirine ne devra être pris dans les 10 jours précédant l’intervention. Le tabac est formellement contre-indiqué.
• Le sein opéré d’une réduction mammaire reste naturellement sensible aux variations hormonales et permet l’allaitement qui est cependant déconseillé pendant les deux ans qui suivent l'intervention (risque cicatriciel et morphologique). Le risque de cancer du sein n’est pas augmenté par l’intervention.
• Les cicatrices sont inévitables et définitives. Elles sont les plus courtes possible, mais semblent toujours trop longues… Leur siège, longueur et nombre dépendent de la technique utilisée, de la qualité de la peau ainsi que du degré de ptose et d’hypertrophie. Le plus souvent, la cicatrice a la forme d’un T inversé (autour de l'aréole, verticalement de l'aréole jusqu'au sillon sous-mammaire et horizontalement dans le sillon sous-mammaire). Dans certains cas, la cicatrice horizontale peut être évitée. L'aspect définitif des cicatrices est imprévisible car dépendant de facteurs propres à la patiente. Ces cicatrices sont, en règle générale, discrètes mais toujours visibles de près, en particulier autour des aréoles. Leur évolution est stéréotypée : souvent rouges et inflammatoires les trois premiers mois, elles s’estompent lentement avec le temps. Il faut les protéger du soleil et les masser souvent afin d’en améliorer la qualité. En cas de cicatrisation pathologique hypertrophique, on peut recourir à un traitement médical local voire à une correction chirurgicale secondaire qui est, par rapport à l'opération initiale, un geste simple.
L’intervention :
Elle dure en moyenne entre une heure trente et deux heures trente et se pratique sous anesthésie générale.
Les suites postopératoires :
Elles sont simples dans l’immense majorité des cas. La douleur est en règle très modérée (entre 1 et 3 sur une échelle de 10).
En post-opératoire, il ne faut pas s'effrayer :
- de l'apparition d'ecchymoses disparaissant en 1 ou 2 semaines,
- de gêne, en règle très modérée, surtout à l'élévation des bras,
- de troubles sensitifs, parfois longs à disparaître, au niveau des aréoles.
La durée d'hospitalisation est de 2 à 3 jours et la convalescence de 1 à 2 semaines environ.
Il est nécessaire de porter un soutien-gorge de contention jours et nuits pendant un mois, durée pendant laquelle il convient d’éviter tout effort important. On peut reprendre le sport au bout d’un mois.
Les soucis et complications :
Il s'agit d'une intervention chirurgicale qui comporte les risques de tout acte chirurgical, si minime soit-il.
Certaines complications, bien que rares, restent possibles et peuvent nécessiter une seconde intervention (hématome, infection, désunion de suture, retard de cicatrisation, cicatrices inesthétiques, foyer de cytostéatonécrose). Elles sont très souvent dues au tabac.
D’autres complications rarissimes (phlébites, embolie pulmonaire…) dépendent plus des caractéristiques propres de chaque individu et de ses pathologies préexistantes.
Bien entendu, toutes les précautions pré, per et postopératoires sont prises afin de minimiser au maximum ces risques (diminution d’une surcharge pondérale, arrêt du tabac, arrêt de la contraception orale un mois avant l’intervention, antibiothérapie prophylactique peropératoire, anticoagulants, lever précoce, port de bas antithrombose…)
Le suivi postopératoire :
Après sa sortie, la patiente sera revue par le chirurgien plasticien au huitième jour pour l’ablation (indolore) de quelques fils périaréolaires. Le reste des sutures est effectué avec des surjets intradermiques non visibles qui se résorbent seuls.
Les visites postopératoires suivantes au premier, troisième et sixième mois permettent de surveiller l’évolution cicatricielle et de prévenir une évolution inesthétique par des soins spécifiques. Un bilan photographique postopératoire sera réalisé vers un an.
Les informations spécifiques développées sur cette fiche sont fondées sur la pratique du
Dr LAXENAIRE et sur les fiches d’information éditées par la SOFCPRE.
Bibliographie :
Manuel de chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique
Marc Revol, Jean-Marie Servant. Editions Pradel.
« Dernière mise à jour : Mars 2012 »
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